Quelle école pour nos enfants ?

Quelle école pour nos enfants ?

 

QUELLE ECOLE POUR NOS ENFANTS ?

L'école, vaste sujet ! Pour apporter sa pierre à l'édifice, Parole Citoyenne a organisé le 10 décembre dernier un débat rencontre entre membres honoraires de l'éducation nationale, syndicat d'enseignant et représentant des parents d'élèves. L'occasion d'un chassé croisé éclairant !

En introduction, parole à Betty Gleizer Inspectrice Honoraire de l’Education Nationale, sur le projet de refondation de l'école proposé par le gouvernement.

Le Président de la République François Hollande a fait de l’Ecole et de la jeunesse l’une des priorités de son mandat. Dès le début de été, sous l’impulsion de Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale, une concertation nationale pour refonder l’Ecole a eu lieu.

Refonder, "c’est réexaminer ses bases, afin de mettre en adéquation les principes de l’Ecole avec les valeurs républicaines de justice sociale et de progrès, et définir au cœur d’un débat de société, des lignes d’évolutions nécessaires et fixer les lois d’orientation et de programmation en conséquence".

Un projet de loi a été élaboré, articulé autour de 6 points forts :

– Le rétablissement de l'école pour les moins de 3 ans, en priorité dans les zones socialement défavorisées (3.000 postes en 5 ans)
– Le rétablissement de la formation des enseignants dans les "écoles supérieures de professorat et d’éducation" (27.000 postes en 5 ans)
– Des cours de morale laïque et civique, portant sur le respect des origines et des différences, l'égalité homme/femme et les valeurs de la laïcité
– La pratique d'une langue étrangère dès le cours préparatoire
– La création de 60.000 postes en 5 ans
– La mise en place d'une pédagogie différenciée

Et comme chacun l'a entendu, la réforme des rythmes scolaires sera mise en place, les communes devant dès la rentrée 2013 ou 2014 remettre en place la semaine de 4 jours ½.

Apprendre à apprendre

Yves-Marie Jade, secrétaire départemental du SNIUPP-FSU Nord enseignants du 1er degré, fait le point sur la réalité des conditions de travail des enseignants du 1er degré ainsi que sur les raisons de la réussite ou de l’échec des élèves. Il rappelle "qu’enseigner, ça s’apprend !" et que la question de la formation des maîtres est essentielle. En aval, il est nécessaire de revoir l’évaluation des enseignants. Face à des classes hétérogènes et pour luter contre les inégalités de moyens selon les communes, il préconise d'améliorer l'encadrement des élèves, en nombre de postes et en qualité. "L’école doit permettre du lien social et de la justice sociale !".

Priorité à l'enfant

Anne Mikolajczak, représentant les parents d'élèves et présidente de la FCPE Nord, insiste sur le rythme de vie, le rythme scolaire et la pédagogie. Au terme de rythme scolaire elle préfère celui de rythme de vie et d’aménagement du temps de l’enfant. Il faut réfléchir, précise-t-elle, à la journée de l’enfant, et pas seulement à la semaine de 4 ou 4 jours1/2, ainsi qu'au rythme de l’année scolaire. 36 semaines, cela semble bien ramassé ! Cela doit s'accompagner d'une réflexion plus globale sur le temps de l'enfant, comprenant les transport, le midi… où l’enfant pourrait s’oxygéner ou de se reposer afin d’optimiser les enseignements de l’après-midi. Reste le temps du soir et la question des devoirs à la maison. Pour elle, il faut garder à l’esprit que "tous les élèves sont des enfants mais que les enfants ne sont pas que des élèves !".

Refonder, pour quoi faire ?

Pierre Frackowiak , Inspecteur honoraire de l’Education Nationale, auteur et expert pour la loi d’orientation, pose la question des enjeux et conditions de la refondation. Il rappelle l'histoire des différents concepts et réformes de l'enseignement public, de Jules Ferry à la politique menée de 2007 à 2012 accroissant les inégalités. Face à l'explosion des savoirs, il faut privilégier l'intelligence, inventer de nouvelle pédagogie intégrant fortement les technologies de l'information. l'amélioration de la réussite scolaire passe par les question sociétales sur l'homme que l'on veut former et pour quelle société. Il rappelle que l'éducation est l’affaire de tous les citoyens et que la refondation n’est ni une lubie ni un problème de parti politique. Mais qu'il s'agit de l’avenir de notre civilisation. "Appuyons-nous d’avantage sur le BIB (Bonheur Intérieur Brut), plutôt que sur le PIB pour mesurer la société !".

Le débat a permis d'apporter questions, témoignages et propositions sur les conditions de la formations des enseignants incluant philosophie, psychologie et anthropologie ; de la nécessité de lutter contre les résistances ; de l'importance de l'épanouissement et de l’intégration sociale de l'enfant ; des approches éducatives alternatives… et sur le sens de l'école !

En conclusion, la responsabilité collective est rappelée, intégrant l'ensemble de parties prenantes et autour d'un projet partagé. Une mobilisation reste à mener pour tenter une refondation où le terme d'intelligente, tant individuelle que collective, trouverait toute sa place.

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